Q&A on Younger Policy
quick respons
POLITIQUE EN
FAVEUR DE LA JEUNESSE & LA PARTICIPATION DES JEUNES
Introduction
pour : le Conseil de Coopération Culturelle (du Conseil de l’Europe),
le Project 10 : Dynamique Culturelle dans le Développement Régional.
Bergen, Hollande Septentrionale. 27 – 30 janvier 1987
Avant –
propos :
1
Le Conseil pour
la politique en faveur de la jeunesse 2
La
Politique : l’Etat, la Province, la Commune
Deux
Projets :
1.
La politique
en faveur de la jeunesse
2.
La politique
artistique & la jeunesse
Avant-propos
La Hollande septentrionale à ses
intentions pour la jeunesse.
Dans le plan quadriennal ‘Action socio–culturelle & Emancipation’
(dont on a esquissé les grandes lignes dans les chapitres concernés),
la province a fait connaître ses intentions sur la politique
concernant :
la pratique amateur des arts, la formation artistique, les sports,
l’animation socio-éducative, la formation et le développement
socio-culturel, l’émancipation, les activités en faveur de la jeunesse et
l’encadrement de jeunes.
Tous ses secteurs de l’action
socio–culturelle, souvent difficiles à distinguer
les uns des autres, pas tant du point de vue de l’organisation que du point
de vue du contenu, sont pratiqués au niveau local.
La responsabilité provinciale s’exprime principalement dans le fait qu’elle
entretient une structure provinciale de soutien à laquelle peuvent faire appel les employés, les conseils d’administration et les bénévoles du secteur
exécutif.
C’est dans le cadre de cette politique d’action socio–culturelle que la
province a fait le premier pas dans la formulation d’une nouvelle politique en
faveur de la jeunesse.
En effet, dans le plan quadriennal, la province a établi pour la première
fois une distinction entre activités sociales pour la jeunesse et politique en
faveur de la jeunesse.
Les activités sociales consistent surtout à ‘’emménager et entretenir des
structures pour la jeunesse’’ ; la politique en faveur de la jeunesse
englobe un plus grand secteur et a comme base une conception socio–politique en
la condition des jeunes dans la société.
La Province décrit la politique en faveur de la jeunesse de la façon
suivante:
‘’L’administration provinciale regarde la politique en faveur de la
jeunesse comme la somme des mesures et activités visant à procurer aux jeunes
les moyens nécessaires à leur épanouissement et à leur participation dans le
développement et la rénovation de la société ‘’.
Le Conseil
pour la politique en faveur de la jeunesse.
Le Conseil se compose de 30 personnes spécialisées dans les problèmes des jeunes et qui, à partir de l’argument de solidarité, veulent s’efforcer d’améliorer la condition des jeunes.
Néanmoins, il ne s’agit pas tant de "transférer le patrimoine des aïeux" ni d’offrir une protection attentionnée ou d’assujettir la jeunesse, mais la stimuler et de l’inviter à une participation créative, critique et constructive.
Plus que les
jeunes eux-mêmes, ce sont surtout les pouvoirs et les institutions qui sont les
objets de la préoccupation de Conseil, étant donnés que ceux-là doivent encore
souvent modifier aussi bien leurs intentions que leurs procédures politiques.
Le Conseil
s’est divisé en sections, à savoir :
la politique en
faveur de la jeunesse, l’enseignement, l’assistance sociale, l’emploi,
l’environnement, le logement, les groupes ethnique, les activités sociales en
l’encadrement des jeunes.
Pour
l’exécution de son programme, le Conseil a un bureau à son service où
travaillent en ce moment 8 employés.
Parallèlement
au soutien des 7 sections susnommées, le bureau fait de la recherche, la
coordonne et élabore des expériences en faveur de la politique pour la
jeunesse.
Ensuite, le
Conseil participe à un projet expérimental pour les jeunes arrivants sur le
marché du travail et à une recherche sur la sensibilisation et la participation artistique.
Pendant les
premières années de sa nouvelle existence, le Conseil s’est surtout préoccupé
d’expliciter la situation de la jeunesse dans les domaines susmentionnés et de développer l’infrastructure des
équipements.
De ce fait parurent
des études et points de vue dans le domaine du chômage,
de
l’enseignement et des groupes ethniques,
des avis
sur la politique provinciale à l’égard de l’assistance des jeunes,
de la politique
participative, du logement, du bien-être général et de l’aménagement de
territoire, de l’encadrement politique des jeunes et des fonds pour les
équipements des jeunes furent créés de même que des bourses pour leurs études.
Il y eut aussi
des stages pour écoliers (sur la participation, le journal de l’école et
la discrimination) et les fonctionnaires municipaux ( sur la
réorganisation de l’action pour le bien-être, la politique en faveur de la
jeunesse, les logements des jeunes, la
participation) et pour les organismes du bien-être (un nouveau projet
d’amélioration des relations entre
Néerlandais et étrangers, une journée thématique sur les jeunes marginaux.
Pour ces
dernières activités, on invite quelquefois d’autres organisations.
Parallèlement à sa fonction de soutien, le Conseil a aussi une fonction
dans le changement de la politique concernant principalement les pouvoirs
communaux et provinciaux et dans le soutien des groupes et des initiatives
insuffisamment équipées ou négligées par les formes de soutien existantes
n’ayant pas de place dans le planning politique des pouvoirs.
De plus en plus le Conseil réussit à intégrer des jeunes dans ces
développements.
(Bien que dépendant des crédits du pouvoir provincial et de la coopération
des institutions, le Conseil est un organisme autonome, ce qui lui permet de
défendre librement les intérêts des jeunes).
Les communes
n’ont qu’incidentelle un rapport sur la politique en faveur de la jeunesse, qui
le plus souvent se limite à faire l’inventaire des équipements et des
initiatives ! L’association des communes néerlandaises n’a pas encore accordé
d’attention à la politique en faveur de la jeunesse.
La
province.
En 1984 les
provinces réunies ont publié un rapport sur la politique en faveur de la
jeunesse. Bien que ce rapport soit aussi un inventaire des compétences, des équipements
et des mesures, il est considéré par les provinces comme un point de départ
pour un développement ultérieur de la politique en faveur de la jeunesse.
Plusieurs
provinces ont en outre un organe consultatif spécifique.
La Province de
la Hollande Septentrionale, comme il a été dit plus haut, s’est déjà prononcée
à ce sujet. Elle a aussi demandé au Conseil pour la politique en faveur de la
jeunesse des avis plus précis que le Conseil espère donner au printemps 1987.
La politique
en faveur d la jeunesse dans le sens large du mot n’était pas méconnue mais
considérée comme irréalisable. Le temps n’était vraisemblablement pas mûr
pour cela.
Il a fallu
attendre 1980 avant que l’Etat établisse un rapport ‘’cadre sur la politique en
faveur de la jeunesse‘’ et qu’il nomme un ‘’Ministre coordinateur’’.
Le conseil
consultatif pour la ‘’formation de la jeunesse’’ fut transformée et un
‘’Conseil national pour la politique en faveur de la jeunesse’’ et eut une base
légale.
Ceci obligeait
entre autres tous les départements à soumettre leurs intentions ayant trait à
la politique en faveur de la jeunesse au Conseil en question pour avis et
commentaire.
On forma une
Commission d’experts interdépartementale pour la politique en faveur de la
jeunesse. En 1984 il parut un rapport de même nom.
En 1985, fut
créée une Commission de coordination interdépartementale chargée de recherches
sur la jeunesse et à l’intérieur
même le ministre de Bien-être, de la Santé et de la Culture (le département du
Ministre coordinateur) il y a depuis 1986 une Direction de la politique en
faveur de la jeunesse qui en centralise e coordonne l’administration politique.
Parallèlement,
l’Etat projette à un stade avancé du développement de centraliser les
équipements pour la jeunesse au niveau
national dans un Institut pour la jeunesse.
Si l’on
recherche où se trouvaient les ‘’racines’’ de la politique en faveur de la
jeunesse au début de ce siècle, abstraction faite des mesures prises par
l’Etat, on se retrouve rapidement dans le secteur nommé actuellement ‘’action
socio-culturelle.’’
Cette action
s’ebolera à partir d’organisations professionnelles ou de classes où se
manifestaient des organisations syndicales taillées sues un patron idéologique
(religieux ou social).
A l’origine,
l’action socio-culturelle se caractérisait par son caractère fermé (le
groupe-cible était membre de la même église, du même parti ou appartenait au
même milieu) et par une structure normative
(proposition de loisirs utiles ou accueil basé sur (ou à l’intérieur du cadre protecteur d’une certaine
idéologie).
En fait, on
pourrait dire que ce genre d’organisation était intéressé.
Autour des
années 60, la désagrégation de la cellule familiale se fait sentir de
l’intérieur, mais surtout de l’extérieur.
Les jeunes
vont plus longtemps à l’école, deviennent plus conscients, disposent de plus
d’argent et de plus de moyens, deviennent mobiles.
Les
tendances à la participation et à la démocratisation touchent aussi l’action socio-culturelle.
Du
côté de celle-ci, des groupements d’intérêts privés commencent à s’organiser,
utilisant entre autres les moyens attribués par l'État.
A
son tour, ce développement a un rôle stimulant pour l’action
socio-culturelle qui adapte son programme aux besoins du groupe qu’elle vise.
De plus en plus, le client devient ‘’roi’’ et les idéologies originelles
disparaissant ou s’assouplissent.
Avant 1945, l’action socio-culturelle qui comprenait les activités sociales
en faveur de la jeunesse, était pratiquement dans les mains d’initiatives privées.
Le Ministre de
l’Enseignement, quant à lui, accordait quelques attention à la ‘’Formation
libre de la jeunesse‘’ (visant les jeunes de 13 à ans), et ce qui concernait
les activités extra-scolaires.
Apres 1945, le
gouvernement prit une initiative dans la concertation avec les organismes
existants pour l’education du peuple, le mouvement de la jeunesse, l’aide
sociale à la jeunesse et se donne pour ‘’ tâche nationale et culturelle’’
de trouver un abri pédagogique pour les nombreux groupes qui étaient encore
entièrement exclus des organisations de jeunes.
Par-là, on ne
pensait pas à étendre les responsabilités de
l'Enseignement, comme en témoigne un texte de Ministre de 1945 :
»Tout
de suite après la cellule familiale vient celle de la formation libre de la
jeunesse. Car, bien que l’école soit indispensable à l’education, l’éducation
la plus efficace après celle des parents est celle que se donne la jeunesse à elle-même…..
il s’avère à présent que le développement de mouvement des jeunes est souvent
handicapé par l’école qui accapara trop les jeunes. Cela cause un double
préjudice…. »
On
ne plaint pas sans raison de la dépravation de la plupart des jeunes. Mais il
ne faut pas oublier que des milliers des filles et des garçons frappent en vain aux portes des organisations des
jeunes, car il n’y a pas de place pour eux.
C'est
pourquoi l'élargissement des activités concernant les jeunes est une des grandes priorités sociales.’’ A cela le
Ministre de l’Enseignement ajout un week-end sans devoirs. Derrière cette attitude apparemment très engagée se
cachait une grande inquiétude à l’égard de la « dépravation » de la
génération endommagée par la guerre, nommée plus tard «la jeunesse du
bitume ».
Les
activités sociales en faveur de la jeunesse aussi s’appelèrent-elles jusqu’en
1955
« L’aide
sociale à la jeunesse ».
Parallèlement
au Ministère de l’Enseignement il existait aussi à l’époque un Département
d’assistance sociale où commencèrent à naître quelques aspects de l’action pour
la jeunesse, cela grâce aux subventions de l’ «animation locale ».
Le
Département d’assistance sociale fut supprimé en 1965, date à laquelle on
réunit ses tâches à quelques tâches du Ministère de l’Enseignement et
l’ensemble fut délégué à un Ministre de la Culture, des Loisirs et l’Assistance
sociale qui devait mettre au premier plan la « pensée du bien-être ».
Les
activités sociales en faveur de la jeunesse reçurent plus de crédits et le
phénomène ‘’centre-ouvert de jeunes’’
fit son apparition.
Ensuite,
on se mit à réfléchir sérieusement sur le concept de « bien-être ».
Les activités sociales susnommées permirent à la fin des années soixante de
faire les premiers pas dans la politique en faveur de la jeunesse, telle
qu’elle est décrite ci-dessus. Le phénomène centre ouvert de jeunes, après la
parution du « rapport des points noirs » fut de plus en plus étouffé
par les rouages de la technocratie de bien – être et en ressortit dans un piteux
état lorsqu’on arrêta et démantela la machine par suite de restrictions
budgétaires.
Entre-temps
il était né tout de même un "Ministère du Bien-être, de la Santé publique et de
la Culture".
Comme voudrait
le prouver cet aperçu, le développement de la politique en faveur de la
jeunesse dans le cadre de celui de la politique du bien-être a affronté encore
les problèmes causés par la compartimentation de la politique gouvernementale,
ce qui fait que la politique en faveur de la jeunesse a encore un caractère
socio-culturel et socio-agogique.
Le Ministre
coordinateur est encore au début de son « exploration à travers les
départements » et de Député de Hollande septentrionale a également fait
savoir que la structure même de Conseil provincial ne favorise pas le
développement de la politique en faveur de la jeunesse.
A côté de ces
problèmes dus à la particularité de chaque pouvoir en soi, il y a aussi ceux
causés par le manque de cohérence verticale. La décentralisation des
compétences et responsabilités politiques est trop peu conséquente et ne va pas
toujours de pair avec un disponibilité suffisante de ressources et
d’instruments.
La
politique en faveur de la jeunesse.
Cette politique
est plus qu’un aménagement de structures de l’enseignement, des loisirs, du
travail ou de l’assistance sociale. C’est aussi une conception
socio-politique sur la jeunesse et les
jeunes, une politique qui prend pour point de départ la condition des jeunes dans la société, leur contribution
personnelle à l’élaboration de cette politique et une attention structurelle à
l’intérieur de tous les secteurs de cette même politique.
Ce doit être,
selon le Conseil, une politique cohérente non seulement dans le sens
d’interdépendante mais surtout dans celui d’intégrée dans tous les secteurs,
consistante et coordonnée de l’intérieur en consistante de l’extérieur, ce qui
veut dire que les mesures doivent s’adapter aux souhaits et besoins des jeunes
et être élaborées à partir des mènent concepts.
Etant donné
que la politique en faveur de la jeunesse en est encore aux Pays-Bas quasiment
au stade théorique, le Conseil a élaboré un projet à titre expérimental dans la
région de Frise occidentale, une région comprenant 13 communes dont une de
50.000 habitants et un total de 187.000 habitants. Le premier pas prévu est de
faire une enquête sur les équipements pour la jeunesse et les développements de
la politique municipale. Le second pas serait de faire quelques expériences
partielles à partir des convictions acquises au cours de la première enquête
qui permettraient des mises en pratique transmissible d’autres régions de la
Hollande septentrionale (troisième pas).
Dans les six
premières mois, on a rassemble des données ayant trait à la composition de la
population, aux équipements scolaires, à l’absentéisme scolaire, aux
équipements dans le domaine de l’assistance sociale, du sport et de
l’encadrement de jeunes. De même qu’aux aspects problématiques (on a même fait l’inventaire du secteur
récréatif commercial.)
Ensuite on a
examiné les développements dans le domaine de l’emploi et les alternatives de
logement pour les jeunes. Les budgets communaux et les plans sur la politique à
suivre ont servi des points de repère pour analyses dans quelle mesure les
intentions politiques sont mises en pratique.
Les résultats
des enquêtes ont fait l’objet de discussions entre les fonctionnaires
municipaux, la direction d’école et les travailleurs sociaux. De plus, pour
avoir une idée plus nette de ce que ressentent les jeunes, on a fait pour la
première fois une série d’interviews ‘’en profondeur’’.
Cette première
initiative a procuré quelques ‘’ conclusions temporaires’’ concernant le
‘’comportement expérimenté’’ & et le ‘’comportement à haut risque’’ dans le
premier cycle de l’enseignement secondaire’’, le pourcentage relativement élevé
de jeunes chômeurs peu ou non-qualifiés, la portée des équipements pour
l’enseignement, l’assistance sociale et les loisirs et l’accessibilité de
l’administration politique et municipale.
Ces résultats
ont servi de base à de nouveaux projets où l’enseignement, l’assistance
sociale, la police, l’encadrement de jeunes, les activités sociales pour la
jeunesse et les communes seront organisées en groupements intersectoriels.
Les groupés de
jeunes pourront suivre les projets à l’aide de séances d’information et
d’interviews ou bien les projets prendront la forme de projets de
participation.
L’achèvement
de l’ensemble des projets est prévu pour novembre ’87 sous la forme d’une
description substantielle et d’une analyse des expériences vécues.
Le conseil
espère ainsi appuyer empiriquement son plaidoyer pour une cohésion de la
politique en faveur de la jeunesse et transmettre les résultats aux autres
régions de la province.
L’intégration
de la politique à la politique pour la jeunesse n’a pas grand-chose à voir avec
ce qu’Adorno nomme
"arrogance intellectuelle ou prétention artistique".
C’est que la
politique pour la jeunesse prend comme point de départ:
"la vie et les
aspirations des jeunes eux-mêmes,
leur condition sociale et la vision qu’ils
en ont".
Cela implique que la culture des jeunes doit aussi être prise au
sérieux, aussi bien en ce qui concerne son contenu, sa forme que son effet.
Bien que la
culture des jeunes, tout comme la culture des adultes, soit en grande partie
déterminée par la culture de masse, il est question parmi les jeunes
plus que parmi les adultes d’une
culture de sub-cultures. Aussi y-a-t-il plus d’effervescence et d’avidité
chez les jeunes que chez les adultes, prisonniers de réminiscences ou de
composantes culturelles figées comme la langue, la religion, la science,
l’éthique ou même l’art. Ces composantes ne déterminent pas seulement leur
réalité sociale mais aussi leur mentalité (qu’il ne faut pas se risquer de
mettre en doute).
Malgré tout,
c’est néanmoins la culture dominante qui ouvre la voie à des mouvements
culturels, à des modes qui apparaissant et disparaissant, à des sub-cultures, à des contre-cultures. On peut en nommer quelques
phénomènes :
Le chômage
entraîne de nouveaux styles de vie, la crise du logement une nouvelle sorte
d’habitat, l’industrie une société multiculturelle, la technique des entités
individuelles 1a la portée de tous. Bien que chaque nouvelle génération se
croie être à un moment crucial de l’histoire, le Conseil est d’avis qu’il y a
de plus en plus de problèmes pour intégrer la politique en faveur de la
jeunesse dans la politique culturelle/artistique.
Le problème
central consiste en ce que Roszak appelle
"le paternalisme de la
compétence"
auquel le système socio-économique n’est pas seulement attaché par
mille liens mais qui, aussi, sait tirer les ficelles pour manipuler notre
complaisance avec une subtilité imperceptible
Prendre la
défense de la politique en faveur de la jeunesse à partir de la politique
culturelle, comme ci-dessus, implique:
Oser apposer des points d’interrogation
aux composantes culturelles traditionnelles,
oser chercher des rapports
historiques et oser rester en mouvement, bref : savoir-faire face aux
confrontations.
C’ est à partir de cette idée que le Conseil prend part à un
groupe de travail provincial que essaie, au moyen du "passeport culturel pour
la jeunesse" (PCJ ou CJP en néerlandais), de stimuler la participation et l’appréciation
de la culture. Ce passeport, âge à présent de 25 ans et un genre de carte de
réduction destinée aux jeunes de moins de 25 ans et coûte environ dix florins.
Les jeunes titulaires de ce passeport peuvent obtenir de réduction sur des
concerts, des spectacles ou de pièces de théâtre, sur le prix des abonnements à
des magasins culturels ou journaux d’opinion et une entrée gratuite dans les
musées.
Le groupe de travail "Passeport culturel pour la jeunesse" a constaté après une enquête sur l’usage du passeport qu’en Hollande septentrionale 13% seulement des jeunes entre 15 et 25 ans possédait un passeport,, que la moitié des titulaires habitait à Amsterdam et que la possession d’un passeport ne voulait pas toujours dire qu‘il était utilisé (surtout en dehors Amsterdam).
Le groupe de travail se demanda alors ce que l’on pourrait faire pour promouvoir la possession du passeport tout aussi bien que son usage et constitua un sous-groupe de travail qui devait se pencher là-dessus et émettre des avis sur les questions. En premier lieu, il s’agissait d’enquête sur un groupe spécifique : Les écoliers de 15 à 16 ans.
Le Conseil participait également à ce sous-groupe aux côtes d’un sociologue/chercheur, de professeurs et de fonctionnaires des services éducatif et culturel. Il y a rempli une fonction directrice et stimulante. Le groupe-cible fut réduit à celui de "écoliers des collèges techniques provenant des campagnes avec peu d’activités culturelles."
On choisit comme méthode de
travail "l’expérience par la confrontation".
Les réactions
écrites des élèves et des professeurs furent analysées lors de tables rondes et
dans la description de l’expérience des "professionnels", c’est à dire au
sous-groupe e travail, aux gens du spectacle (organisateurs/créateurs) et aux
professeurs.
L’expérience
consistait à présenter une série d’expressions artistiques, théâtre, cabaret,
ballet, un projet sur "le Travail graphique" suivi d'úne visite de musée, un
projet "Télévision & Film". Les divers projets furent présentés par les
professeurs de l’école et les organisateurs des activités artistiques.
Il faut encore
ajouter que chaque activité artistique était prise en charge par des personnes
ayant d’expérience dans l’élaboration de productions scolaires.
L’expérience
comprenait 100 élèves de 13 à 17 ans. S’il s’était agi dans cette expérience de
trouver seulement le marché le plus réceptif à un passeport culturel pour la
jeunesse, il aurait fallu choisir des jeunes d’un niveau scolaire plus élevé,
demeurant dans une grande ville avec de multiples activités culturelles et
provenant d’un milieu amateur d’art. Car ce sont ces jeunes qui, en théorie,
n’ont pas besoin que d’un petit coup de coude pour passer effectivement à la
participation artistique (ce qu’il faudrait d’ailleurs analyser un jour dans la
pratique).
Le groupe de
travail a choisi un collège technique en premier lieu parce que le passeport
est un moyen
démocratique de promotion de l’art et de la culture et non pas un instrument
élitaire.
Les élèves d’un
collège technique ont plus besoin de stimulation que les élèves des lycées. Tôt
ou tard ces derniers mettront vraisemblablement le pied dans un théâtre.
Pour les élèves
d’un collège technique, rien n’est
moins sûr et il a peu de chances qu’ils entrent un jour en contact avec les
arts du spectacle. En second lieu, le groupe de travail a pensé que, si une telle expérience réussit
et convainc le groupe le moins accessible de la valeur des arts du spectacle,
elle a de bien plus grandes chances de réussir auprès des groupes plus facilement
accessibles. De plus, le groupe du travail supposait qu’a la suite des
expériences acquises auprès de groupe le moins accessible, nommé aussi les
non-participants opposants, il serait probablement plus facile de formuler ce
qui empêchait beaucoup de jeunes de
participer plutôt que déduire les raisons de non-participation des
discussions
avec un groupe de jeunes attirés par
les arts.
Car les
non-participants sympathisants expliqueront plutôt leur non-participation par
le manque de temps tandis que les non-participants opposants seront moins freinés
par des sentiments de culpabilité et expliqueront plus clairement pourquoi ils
négligent les arts. Un quatrième argument qui plaide pour le collège technique
est que la dictature de l’emploi du temps s’y fait moins sentir que dans les
grands ensembles scolaires.
Dans le cadre
d’une expérience d’envergure, il est en effet important que les exigences de
l’emploi du temps comportent quelque souplesse.
Le groupe de
travail a composé un programme pour les élèves du collège agricole de
Heerhugowaard à l’aide trois critères.
Le premier
était que les formes d’art sélectionnées devaient être représentatives de la
variété des activités de la province et s’adapter aux intérêts des élèves.
La deuxième
était que le degré d’abstraction des représentations devait correspondre à
celui des élèves-spectateurs.
Le troisième
concernait l’expérience que les compagnies invitées à participer devaient avoir
en matière de spectacles scolaires et spécialement de collèges techniques. Or,
c’était le cas de toutes les compagnies invitées.
Elles étaient
toutes prêtes, de façons différentes (avec des brochures, bandes vidéo, des
cours d’introduction et des commentaires) à rendre leurs représentations
aussi accessibles que possible. On
voulait que l’introduction des diverses formes d’art et l’orientation soient
effectuées par les exécutants en personne et les professeurs qui, pour la
plupart, avaient des affinités avec le secteur artistique en question. Sans
leur soutien effectif, certaines parties du programme n’auraient pu avoir lieu
ou auraient été moins appréciées par les élèves.
C’est que les
professeurs transmettent implicitement (inconsciemment) leurs appréciations des
programmes aux élèves. C’est pourquoi l’enthousiasme des professeurs était de
la plus grande importance pour la réussite du projet.
Pendant
l’expérience, on a fait plusieurs fois des enquêtes afin de recenser et
d’évaluer ce qu’avaient vécu toutes les personnes impliquées (professeurs,
élèves, enfants).
Les résultats
ont été rendus publics pour commentaire.
Les
activités
Si l’on voulait
être polémique, on pourrait dite qu’il n’y a pas en fait d’activités
appropriées aux jeunes de 13 à 17 ans, élèves d'un collège technique. Même les
spectacles sélectionnés soigneusement pour l’enseignement technique présentent
un degré d’abstraction trop élevé et demandent un trop grande capacité de
concentration. Si ces élèves ont tant de mal à capacité de concentration. Si
ces élèves ont tant de mal à suivre des représentations scolaires adaptées, on
peut s’imaginer quels problèmes ils ont avec les activités culturelles
normales. Les organisateurs/créateurs devront donc travailler encore plus pour
adapter ces formes d’art au groupe concerné.
Les besoins
Les élèves
n’ont pas seulement du mal à suivre ce genre d’activités. Ils n’en ressentent
pas non plus le besoin.
Leurs désirs,
souhaits et critères et matière d’art sont entièrement conditionnes et
satisfaits par la culture de masse, et en particulier par la télévision. Ils
ressentent la distance entre la culture populaire à laquelle ils sont
confrontés quotidiennement et la haute culture qu’ils ne connaissent pas ou à
peine, comme si grande qu’une partie d’entre eux ne voulait pas ou à peine
prendre part à la culture propagée par le passeport. Ils motivent leur attitude
avec un ‘’pour l’art il faut être cultivé’’ ou avec(comme l’a formulé de façon
moins diplomatique un autre élève) un
‘’l’art. C’est con !’’
Et là se trouve
le grand défi lancé aux activités artistique : l’art doit apprendre à se
manifester dans la culture des jeunes sans pour cela ce renier.
L’expérience
vécue
Lorsque
l’expression artistique comprend de nombreux éléments de la culture de masse,
elle est plus appréciée. L’appréciation baisse dès que le nombre d’éléments
connus baisse. Les élèves sont parvenus au cours ds ans à une certaine
compétence à l’égard de la culture populaire, surtout grâce à la radio et à la
télévision. Ainsi ils ont acquis une dextérité pour décoder les informations
fournies sous forme stylisée par la culture populaire. Face au langage formel
(encore plus stylisé) de la haute culture, par contre, ils se sentent étranger
et impuissants car il leur manque le code. Là où on ne peut plus déchiffrer le
message, on n’éprouve que de l’irritation, déclarent les professionnels de l’information.
Cette irritation s’exprime en des termes comme ‘’chaotique’’, ‘’difficile’’
etc. En effet, un tiers des élèves a qualifié les activités artistiques,
présentées lors de l’expérience comme ‘’désordonnées’’ ou
‘’incompréhensibles’’. Cependant les commentaires intensifs et les échanges
d’expériences s’avèrent une influence positive.
La
distribution.
La distribution
semble de l’importance surtout pour les élèves des zones rurales habitant en
général loin d’un théâtre. De plus, les jeunes élèves sont encore plus
handicapés parce qu’ils n’ont pas de moyen de transport et sont donc dépendants
des transports en commun. Ce qui, le soir, peut donner des problèmes,
Les prix.
Les prix
d’entrée ne sont pas nécessairement déterminants pour la participation aux arts
du spéciale. Le plus souvent les jeunes sont prêts à payer une petite fortune
(beaucoup plus que le prix d’entrée à un spectacle culturel) pour un match de
football, un concert de pop musique ou une soirée au disco, malgré leur budget
limité.
La
promotion.
Une bonne
promotion crée le climat adéquat et supprime les préjugés.
Toutefois, le
problème est que les œuvres d’arts sont intraduisibles; dés qu’elles sont
transposées dans un autre média, elles changent de sens. C’est ce qui rend la
propagande de l’art si difficile
Un autre
problème est que les mots ne peuvent exprimer que la ressemblance et non
l’essence : La meilleure publicité pour un ballet est la
représentation-même.
Pourtant la
plupart des publicités pour les arts du spectacle se font sous forme de textes.
Pour toutes ces raisons, le groupe de travail ‘’Passeport culturel pour la
jeunesse-enseignement" en est venu à la conclusion que la meilleure
publicité pour le passeport et les arts devra se faire sur vidéo adaptée à
l’horizon d’attente des jeunes.
Ces derniers
ont plus un comportement de spectateur que de lecteur, et une présentation
actuelle éveillera leur intérêt, surtout si une de leurs ‘’idoles’’ se prête au
jeu. Une telle bande vidéo peut de plus être distribuée dans les écoles ou des
centres de jeunes et même être adoptée aux conditions régionales.
Une campagne
pour le passeport culturel pour la jeunesse serait encore plus efficace si elle
était soutenue par une émission télévisée, car les élèves pourraient alors voir
de leurs propres yeux ce que proposent le passeport et les arts.
L’enseignement.
Le groupe de
travail en est arrivé à la conclusion que les élèves de collège techniques
restent le groupe le plus inaccessible pour le passeport culturel pour la
jeunesse et pour les arts. Cela n’a pas seulement à faire avec l’élève mais
aussi avec le type d’enseignement.
Bien que
l’école ait fait des concessions dans l’emploi du temps, nombre de professeurs
n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour encourager les élèves, ce qu’ils ont reconnu
eux-mêmes. Les
raisons qu’ils ont données, étaient les suivantes :
Un programme
surchargé, un manque d’information et une ignorance des possibilités, sans
oublier l’image négative qu’ils se forment des élèves dans ce domaine e
l’attitude négative qu’ils se forment des élèves dans ce domaine et l’attitude
tout aussi négative qu’ils ont eux-mêmes vis à vis de l’art (ce qui est plus
inattendu). Le groupe de travail réalise que la participation culturelle des
élèves dépend en grande mesure de la formation culturelle des professeurs
(parents et ami(e)s). Il faut donc surtout se concentrer sur la formation
culturelle des professeurs.
Si ce n’est pas
possible, il faut faire en sorte que les programmes et les professeurs soient
assistés d façon adéquate. Aussi met-on au premier plan l’aménagement d’une
structure de soutien adéquate, entre autres, pour la formation culturelle des
professeurs. (parallèlement à leur formation professionnelle)
Au cours du
printemps ’86, après que la description de l’expérience e les recommandations
ont été publiées, le groupe de travail a formé le projet d’exposer le rapport à
divers groupes de professeurs dans les diverses régions de la province de Hollande septentrionale et aux organisateurs
artistiques. A cela il faut ajouter les questions de savoir dans quelle mesure
les problèmes et conclusions sont récurrents et quelles sont les attentes par
rapport aux recommandations.
À la suite de
ces discussions le groupe de travail fera des propositions définitives en ce
qui concerne le prochain projet, qui peut tout aussi bien être orienté vers les
élèves, les professeurs, les programmes, une structure de soutien ou une
combinaison des quatre aspects
susnommés. Ensuite, le Conseil a formulé son intention de prendre de plus en
plus compte de la culture des jeunes dans sa politique artistique car cet
aspect a été jusqu’ici trop négligé.
Il faut espérer
que l’action du Conseil à l’égard de la politique en faveur de la jeunesse pour
adapter ses conceptions et ses travaux à la pratique et au mode de vie des
jeunes a été rendue évidence à la lumière des deux projets esquissés ci-dessus.
Peut-être
qu’ainsi on pourra éviter le dilemme de Kandinsky qui consistait en ces
mots :
« A
présent, il est plus que jamais impossible de construire une théorie absolument
complète ».